dimanche 24 janvier 2021
A quel vaccin se vouer ?
Le Royaume-Uni est le premier pays à avoir autorisé l’utilisation du vaccin
d’Oxford-AstraZeneca afin de lutter contre la Covid-19. Ce vaccin est le
deuxième à avoir reçu une autorisation des autorités sanitaires britanniques,
après le vaccin de Pfizer, utilisé depuis début décembre.
Chaque habitant du Royaume-Uni qui se fera vacciner recevra deux doses entières. Cette posologie a permis aux personnes qui ont participé aux essais cliniques d'éviter de développer la maladie dans 62 % des cas. Cette stratégie a été privilégiée à celle consistant à injecter d'abord une demi-dose, puis une dose entière, bien
que les résultats initiaux des essais cliniques suggéraient que cette seconde
approche puisse prévenir la survenue de la maladie avec une efficacité de 90 %.
En quoi ce vaccin est-il différent ?
Les trois principaux vaccins délivrent tous une partie du matériel génétique
du coronavirus SARS-CoV-2 dans les cellules de l'organisme, ce qui conduit ces
dernières à produire des copies de « morceaux » du virus.
Il s'agit de la protéine Spike, la « clé » qui lui permet d’entrer dans les cellules qu’il
infecte -- contre lesquelles le système immunitaire va ensuite réagir. Le vaccin
d'Oxford-AstraZeneca emploie un vecteur adénoviral, tandis que les vaccins de
Pfizer et Moderna sont basés sur des ARNm.
Les données publiées précédemment indiquaient que l'efficacité globale du vaccin d'Oxford-AstraZeneca est de 62 % lorsque deux doses sont administrées.
C'est inférieur aux 94 % du vaccin de Moderna et aux 95 % de celui de Pfizer.
Cependant, l'administration initiale d'une petite dose, puis d'une seconde dose complète pourrait améliorer son efficacité. Les données préliminaires de l'essai de phase 3 indiquent que cette stratégie pourrait permettre d'atteindre une efficacité d'environ 90 % chez les populations les plus jeunes.
En se basant sur des données non encore publiées,
la UK's Commission on Human Medicines, une commission de la MHRA, suggère
désormais que l'administration d'une dose unique conférerait une protection de
70 % après 21 jours. Une seconde dose augmenterait l'efficacité du vaccin, la
faisant passer à environ 80 %.
Cette seconde dose doit cependant êtradministrée 12 semaines après la première. Le vaccin d'Oxford doit être conserve à faible température, alors que celui de Pfizer doit être conservé à très basse température (-75 °C) et celui de Moderna à environ – 20 °C.
La gestion et la distribution du vaccin d'Oxford-AstraZeneca serait donc facilitée, ce qui constituerait un avantage, en particulier pour les pays à faibles ou moyens
revenus.
En effet, si les professionnels de santé qui exercent, par exemple, en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud-Est sont très compétents lorsqu’il
s’agit de mener des campagnes de vaccination auprès de populations difficiles à
atteindre, ils se heurtent au manque d'infrastructures permettant maintenir les
températures ultra basses requises par les vaccins de Pfizer et de Moderna.
Que va changer la disponibilité du vaccin d'Oxford-AstraZeneca ?
À Noël dernier, le vaccin de Pfizer nous est apparu comme une lumière au bout du tunnel, lorsque son autorisation a été accordée et que les premières doses ont été disponibles au Royaume-Uni.
Mais son éclat a été atténué par divers facteurs limitants, en particulier concernant le niveau de production nécessaire pour répondre à la demande de divers pays.
Les contraintes logistiques liées au stockage et au transport du vaccin
de Pfizer, qui doivent se faire à très basses températures limitent aussi la
vitesse de son déploiement au niveau national.
Cependant il reste encore des inconnues :
Par exemple l'efficacité du vaccin d'Oxford-AstraZeneca chez les personnes âgées, ou l'augmentation d'efficacité qui pourrait être induite en allongeant le délai entre l'administration des deux doses.
Remerciements à Futura Sciences
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