mardi 8 mai 2012

Bien manger-gesund essen

"Manger pour vivre", et pourquoi pas l'inverse ?
Certes, mais sous réserve de bien manger, non de ripailler, mais de manger  sain et sympa.

C'est l'objectif de Slow Food : un rassemblement international de mangeurs qui cultivent le bien manger et la convivialité.

On les trouve en France, surtout dans le sud : http-www.slowfood.fr

Ainsi qu'à Clermont Ferrand :  http://www.slowfood.fr/volcaniac

Mais aussi à travers toute l'Allemagne : http://www.slowfood.de

et-bien sûr- à Berlin : http://www.slowfood-berlin.de/veranstaltungen/index.php

Chaque association locale est autonome. Une assemblée générale à l'échelon national et européen a lieu chaque année. On change de ville à chaque fois. Cette année ce sera à Cologne/Köln en juin.

En ce 8 mai berlinois, nous étions invités à un repas convivial au restaurant Fantone, Pestalozzistrasse 70 à Charlottenburg. Aucun problème pour s'y rendre à vélo depuis Savignyplatz.


Avec leur Président Lars Jäger, fin amateur de bonne table et grand francophile, une vingtaine de membres de Slow Food Berlin s'y retrouvent chaque deuxième mardi du mois.


Le patron, Giovanni Fantone, veille personnellement sur la clientèle.
Les vins représentent bien l'Italie du Nord au Sud :



La carte est variée ma non troppo. 

La cuisine semble simple mais les produits sont en fait choisis et préparés avec soin. Quelques exemples :

Les plats traditionnels :



Mais aussi :

Une dorade grillata con molto gusto
Calamaretti grillatti con molte sapore

Buon appetito e buena sera...




jeudi 19 avril 2012

Virée sur le Kudamm


Enfin de retour à Berlin, où je possède bien plus qu'une valise !

En ce début (encore un peu timide) de printemps, une virée sur le Kudamm s'impose. Afin de humer le/la "Berliner Luft". "Luft" est du féminin en allemand, comme "Sonne" du reste. Mais : stop, fin du cours et c'est parti pour une ballade en remontant (à pied) une partie du Kudamm, depuis le carrefour de notre Knesebeckstrasse en direction de Halensee.


En voici un aperçu en quelques "Schnappschüsse", images prises au gré de l'inspiration instantanée.
D'abord quelques exemplaires d'ours, au hasard et au passage des nombreux cafés :
Entre Olivaerplatz et Adenauerplatz. Sur le banc il ne manque qu'une paire d'amoureux...

Très drôle celui-là, avec la Brandenburger Tor sur le poitrail! Il pose devant une succursale de la Commerzbank, sans doute un sponsor de l'artiste-auteur. Il est désormais traditionnel pour les entreprises de sponsoriser la créativité dans le renouvellement du symbole de Berlin. 
Pour les ignares : "Berlin" vient de "Bär" et signifie littéralement "ourson" ("Bärlein"). Les savants vous donneront bien d'autres analyses éthymologiques en rapport avec la population des origines sorbe...
Mais halte, on va encore me prendre pour un cuistre professoral!!

Aller guten Dinge sind drei/Jamais deux sans trois :
Chacun interprètera ce duo comme il lui plaira...

Autre élément représentatif, les vélos :

 La concurrence est dure...

Oups, surtout ne pas oublier de cadenasser. Personnellement, je préfèrerais le cabriolet -fût-il de chez Mercedes, LOL!!

Tiens, le vieux Fritz, que fiche-t-il dans ce quartier? Ah, il a droit à une expo au "Historisches Museum", Unter den Linden, à l'Est, en "Ossiland" (LOL). J'irai absolument..

 Quant à Konrad Adenauer, vieux renard de la politique (qui bloqua toute tentative de réunification en refusant l'offre de Staline en 1952, par peur de perdre sa majorité et pour conserver son fauteuil de Chancelier), mais artisan du couple franco-allemand, il a droit à sa "Platz" et à une assez belle statification (il existe, à mon avis, vraiment pire dans le genre...) :

J'ai retenu la Karlsruherstrasse en raison du commentaire qui figure au-dessus :
Si vous avez du mal à déchiffrer, il y est question de la bataille de Karlsruhe en 1848, où la tentative de révolution démocratique fut écrasée par les troupes du roi de Prusse Friedrich-Wilhelm IV. Une bien peu glorieuse victoire, en vérité, sur le Parlement de Francfort tout fraîchement et légalement élu.
La Constitution de ce Parlement - qui siégeait dans l'Eglise St Paul, en l'absence de locaux- servit de base aux Constitutions de Weimar en 1919 et de RFA en 1949.
Comme un simple écriteau peut soulever le voile de l'oubli...

A propos de mémoire: l'appel de Wolfgang Borchert dans son unique pièce Draussen vor der Tür est  maintenu par la Schaubühne, scène historique de Berlin Ouest et dont l'existence est à présent menacée...
Actuellement on peut voir la pièce de Bertold Brecht Der gute Mensch von Sezuan


J'ignore le pourquoi de la raison sociale de ce sympathique restaurant grec. Toutefois, la mélancolie qui semble s'en dégager produit comme une impression d'anticipation sur la situation des Grecs aujourd'hui :



Néanmoins, finissons la balade par quelques touches plus optimistes :





A bientôt
Bis bald
Michel Laurençon -:)




dimanche 11 mars 2012

NERDS IN BERLIN


















Café Oberholz, merci à Webimage, Michel Laurençon

S'il n'y avait les rafraîchissements sur la table au premier plan et le prix des conso inscrit au tableau noir, on se croirait presque dans l'ambiance studieuse d'un séminaire à la FU !
Eh bien non : on est au coeur de Berlin, le nouveau Berlin, "Berlin-Mitte", comme s'appelle désormais le nouveau centre berlinois.
Composé selon l'intention des décideurs de deux coeurs, répartis sur l'Est et l'Ouest de la ville, ce centre nouveau veut symboliser concrètement la deutsche Einheit.
Zwei Seelen wohnen ach! in meiner Brust...
Pourtant, on y rencontre aujourd'hui plus de Wessis  que de Ossis.
Par Wessis, je n'entends pas que l'afflux continu des touristes curieux, mais surtout ces nouveaux habitants de la partie Ost du centre. Il saute aux yeux que désormais le way of life made in West, et ses VRP de la mode, des arts, du design, du webdeveloppement - et les loyers en hausse verticale - repoussent les Ureinwohner, les autochtones de l'ex-DDR, de plus en plus loin vers l'Est...


Comme il ressort du cliché ci-dessus, ce sont désormais l'Apple World et ses nerds qui occupent la place. Ici, on est au café Oberholz, près de la Rosenthalerplatz.
Pour avoir connu le quartier avant la réunification, je puis affirmer que la tristesse a fait place à l'optimisme. Evidemment, avec les dégâts collatéraux que constitue l'exclusion sociale et culturelle.
Pour information : sur le million et demi de Ossis qui vivaient dans l'ancien Berlin Est, on estime qu'il n'en reste plus que 350 000 !
Les nouveaux habitants sont  aujourd'hui des Youpies, des Quinquats friqués en reconversion sentimentale et refondation familiale - et... des Nerds.
Personnellement, ce sont ces nerds qui m'apparaissent comme les seuls vraiment sympathiques.

Oberholz, c'est avant tout un café berlinois branchouille, où la connection wifi est gratuite et sans accroc. Il est aussi possible de tenir des hang out au premier étage.
Mon seul regret : c'est un peu éloigné de Charlottenburg, une demi-heure par la S-Bahn puis un petit coup de Strassenbahn. On peut aussi s'y rendre avec la U-Bahn, en changeant à Alexanderplatz, mais personnellement, je n'aime guère le métro. Enfin, so oder so,  un tour à travers Berlin c'est toujours excitant.
Pourvu que ça dure chez Oberholz...